Tout sur l'exposition

Au détour d'une recherche (sur les maisons tournantes!) pour un mandat que j'ai présentement, je tombe sur cette exposition de la Villette que je me promets d'aller visiter rapidement : Changer d'ère. Le thème est le développement durable.

Si vous cliquez sur le lien, vous constaterez l'existence d'une section nommée Tout sur l'exposition. Tout, ça veut dire : le plan de l'exposition, quelques éléments visuels... et les textes! Je trouve ça absolument génial. Ça ne m'empêchera absolument pas d'aller voir l'exposition, au contraire, ça me donne le goût d'y aller puisque je veux voir les objets, les images, les multimédias, l'ambiance, etc. Ils ne peuvent évidemment pas être mis en ligne pour des questions de droit d'auteur, parce que ça allourdirait passablement le travail à réaliser et parce qu'on aurait alors vraiment l'impression de faire une exposition virtuelle plutôt qu'un outil promotionnel et informationnel (i.e. les infos pratiques). Avec la publication des textes, le site devient également un outil pédagogique et documentaire! Que je sache, les textes sont toujours propriété du musée? En tous cas, pour ma part, j'ai libéré les droits d'auteurs pour tous les projets de création, rédaction que j'ai eu avec des musées. Et après 9 ans, je peux vous dire que j'en ai eu!

Avec tous les contenus que nous créons dans les musées, je cherche encore des raisons valables pour ne pas les partager. À la limite, qu'ils soient publiés après la présentation de l'exposition.

Vous en avez?


9 notions d'innovation

L'information n'est pas nouvelle, mais je viens de la découvrir au détour du magazine L'Actualité du 1er septembre 2006 (L'Actualité a toujours l'idée un peu rétrograde de ne pas partager ses articles... il n'est donc pas en ligne). Qu'est-ce qui vaut ce délai? Il a fallu attendre qu'un ami du Québec nous l'apporte.

Ainsi, j'ai lu ce matin un petit article qui porte sur les 9 notions d'innovation tel que proposées par Marissa Mayer, vice-présidente, Produits de recherche et services aux utilisateurs chez Google.

Voici les 9 notions en question, mais vous pouvez également les visualiser dans un diaporama inclus dans cet article de Newsweek sur Mme Mayer.

1. Les idées viennent de partout
Un jour ou l'autre, tout le monde peut innover, même le service des finances.

2. Partagez tout ce que vous pouvez
Toute idée, tout projet, tout échéancier, doit être accessible pour tous sur l'intranet.

3. Vous êtes brillant, nous embauchons
Les fondateurs de Google privilégient l'intelligence sur l'expérience.

4. La liberté de poursuivre ses rêves
Les employés ont une journée de temps libre par semaine. La moitié des nouveautés qui voient le jour sont conçues durant ce 20% de la semaine.

5. L'innovation avant la perfection
Google privilégie le lancement fréquent de petits tests beta, avant de diffuser un produit à grande échelle.

6. Proposez des données quantifiables, ne les qualifiez pas.
Les « j'aime » ou « je n'aime pas » sont remplacés par des faits.

7. La créativité adore certaines contraintes
Donnez aux gens un objectif, des règles pour arriver à bon port et des échéanciers.

8. Concentrez-vous sur l'utilité et les utilisateurs, par sur l'argent
Proposez quelque chose qui soit simple à utiliser et facile à aimer. Le profit suivra.

9. Ne « tuez » pas les projets. Récupérez-les
Il y a toujours quelque chose de bon qui peut être sauvé.


J'ai beaucoup cette liste. Sont-elles pour uniqument pour l'innovation, ce mot galvaudé? Sont-elles une façon de faire en sorte que le travail soit un milieu agréable? Sont-elles pour améliorer la qualité des échanges entre les employés et entre la direction et les employés? Sont-elles des trucs pour que les employés s'abreuvent à d'autres sources, s'inspirent, s'aèrent? Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est qu'elles donnent vraiment le goût de s'investir au travail. J'imagine très bien naviguer dans un tel milieu.

Je remarque particulièrement les éléments suivants.

La notion 2, sur le partage de l'information. Je suis entièrement d'accord avec cette approche. Elle n'est pas facile à vivre au début, j'en conviens. Nous avons été habitués par l'école, par la culture sociale, par la vie quoi!, à garder pour nous, à ne présenter que le produit final (une idée en cours de réalisation n'est pas valable puisqu'imparfaite) et surtout à se protéger du «vol d'idées» ou des commentaires négatifs. Pourtant, une fois que l'on commence, c'est absolument merveilleux.

Je me rappelle un projet particulièrement coincé dans le temps et avec la contrainte que les gens qui y travaillaient étaient situés dans des villes différentes : Des fantômes au musée du Musée de la civilisation. Nous avons créé un blog du projet (voir la note où j'en parlais) sur lequel tout était publié (derrière mot de passe) et auquel tous les partenaires pouvaient collaborer ouvertement et en tout temps. Nous avons réussi à livrer à temps et avec un résultat, ma foi, très bien réussi.

La notion 4 sur le temps libre. À la lecture de cette notion, j'ai sursauté. Une journée! C'est beaucoup trop! Mais il est vrai que ce «temps libre dirigé» peut être fructueux. Parce que quand on dit temps libre, ça ne veut pas dire aller aux magasins! Ça veut dire, du temps libre à travailler à autre chose que le projet qui nous est assigné explicitement. Il peut être utilisé pour fureter sur Internet sur d'autres sites de musées, pour visiter d'autres expositions, pour lire un livre sur la créativité (ou autre!), pour travailler sur un projet ou une approche que l'on aimerait que le musée développe, bref, on fait quelque chose en marge de notre tâche, mais qui peut l'abreuver. Et là, soudainement, il me semble que l'idée d'accorder du temps libre aux employés n'est pas si folle que ça.

Comment la réaliser? À prime abord, je serais plus à l'aise avec une demi-journée par semaine qu'une journée complète. Mais il ne faut pas trop diluer afin que les employés aient le sentiment de pouvoir mener un projet en continu et non pas «une fois par mois». Par la suite, il faudrait que les fruits de ces temps libres soient partagés avec d'autres collègues sur l'intranet. Évidemment, cela doit s'accompagner d'ouverture de la part de la direction qui doit accepter que durant cette période, l'employé n'avance pas explicitement sa tâche « régulière ».

Je tâcherai donc de mettre en application ces notions, même dans mon quotidien professionnel si atypique.


À remarquer dans les fréquentations

Hier je vous disais avoir indexé ma liste de blogues que je fréquente.

Aujourd'hui, je souhaite vous en pointer quelques-uns qu'il me semble important de découvrir.

- National Museums Liverpool : remarquez la quantité de fils rss dans la colonne de droite!

- InfoTECHmuseo : une technicienne en muséologie du Québec qui souhaite informer et partager ses découvertes avec ses collègues... et qui doute de l'avenir de son blogue en raison du peu de « feedbacks ».

- KOSTOM : un illustrateur de Montréal que je ne connais pas, mais dont j'adore les dessins.

- Le Carrefour du savoir du RCIP : ils ont une foule d'explications sur comment faire entrer les outils réseau de l'Internet dans un musée.


iphone

Apple a annoncé cette semaine le lancement d'une nouvelle technologie qu'il juge révolutionnaire (voir la pub d'avant le lancement pour voir à quel point ils le jugent ainsi). L'objet de tant d'énervement dans la blogosphère, chez les amateurs d'informatique et même chez les médias? Un nouveau téléphone cellulaire (ou portable, selon le continent sur lequel on habite!) : le iphone. Simple? Non!

Iphone

Le iphone ressemble physiquement à un ipod (pour le format) dont la surface est entièrement un écran tactile.

Il permet de téléphoner, de visionner des vidéos (avec une assez bonne résolution), d'écouter de la musique (et autres enregistrements), d'aller sur Internet et de gérer les courriels. Bref, c'est un vidéo-téléphone branché sur Internet avec toutes les technologies du mac. Pour ceux qui connaissent, c'est un blackberry avec du vidéo et de l'audio et avec un écran tactile de haute résolution.

Pour en rajouter, comme si ce n'était pas assez, ils ont également lancé le itv, un bidule qui permet de télécharger et de diffuser dans notre télé des films et vidéos numériques achetés en ligne (sur itune). Ce sera une technologie intéressante à explorer pour la gestion des vidéos en salle d'exposition.

Est-ce que ça va changer quelque chose dans le domaine des musées?

Assurément! Apple produit toujours des bidules simples d'utilisation et de haute qualité. Le iphone sera une des technologies pour supporter les visites d'exposition. Au delà du support, il permettra d'augmenter l'interactivité entre le visiteur et l'exposition. C'est très web 2.0 comme approche! ;-)

... je vous dis pas la simplicité que ça va être de faire des changements sur les présentations audio et vidéo (si on pense à une visite guidée par exemple).

Pour l'instant, le itv se vend à 300$us et le iphone (il sera disponible prochainement) sera à 500$us. Mais les prix vont baisser comme pour le ipod qui se vendait à ces prix-là également lors de son lancement.

... je crois qu'il faudrait mettre un technicien là-dessus.


Un an

Le 8 janvier, cela a fait un an que nous sommes installés à Paris. Déjà!

L'année 2006 a été incroyable. Des contrats à distance, la découverte de Paris tant du point de vue personnel (la vie quotidienne!) que du point de vue professionnel. Des voyages : le Vercors, la Normandie, le Poitou-Charentes, les villes de Prague et de Barcelone (extraordinaire!). Des visiteurs du Québec. Nous avons reçu beaucoup plus de gens du Québec que nous nous attendions et nous avons beaucoup aimé vous recevoir.

Également, j'ai pris plus de temps pour ce blogue. Pourquoi? Parce qu'il me permet de noter mes découvertes de notre «aventure parisienne» et qu'il me donne l'occasion de rencontrer une foule de gens d'ici et d'ailleurs. Quand on dit que les blogues mettent en réseau, c'est absolument vrai. J'ai découvert le travail de professionnels des musées en Espagne, en Allemagne, en Argentine, au Québec et aux États-Unis. Et le plus beau, c'est qu'on se tient au courant de nos découvertes respectives!

Et 2007? Je ne sais pas ce que me réservera la nouvelle année. J'ai bien appris dans les deux dernières années que la vie nous réserve des surprises... comme ce séjour à l'étranger. Par contre, il y a des choses que j'ai le pouvoir de déterminer. Côté voyages, la Provence et l'Italie sont déjà au programme. Côté professionnel, je continuerai ce blogue de façon très régulière et je collabore à la conception d'une exposition itinérante ici en France. Nous avons beaucoup de visites du Québec déjà prévues. De la famille évidemment, mais également des amis très proches et des collègues. Nous apprécions évidemment toutes ces visites. :-)

Une autre belle année qui se dessine. Il faudra en profiter pleinement... ce n'est pas toutes les années que nous aurons la chance de vivre une expérience comme celle-là.

Bonne année!


ZAP Québec

Bon, je sais, je suis loin de Québec, mais ma ville occupe toujours mes pensées. Ça fait donc un bon moment que je suis le projet ZAP Québec (je connais plusieurs des initiateurs) et que je savoure le moment où, à notre retour, le tout sera effectif. Ok, un peu égoïste comme réaction. ;-)

Mais jusqu'à maintenant, rien là à bloguer sur le rapprochement entre ZAP et les musées.

Puis. Déclic. Je lis les suggestions des gens (section commentaires) au sujet des endroits où ils souhaitent qu'il y ait du wifi (connexion Internet sans fil et donc diffusée de façon ambiante).

Surprise. Joie. Satisfaction. Ils souhaitent qu'il y ait des ZAP près des deux musées nationaux de Québec!

Pourquoi je trouve ça intéressant? Même majeur? Parce que c'est le signe que les deux musées sont des phares pour la région et qu'il y a un intérêt pour les gens d'aller faire de l'Internet à proximité, voir au musée.

Savourez. C'est bon signe. Reste à adhérer. ;-)


Puissance des outils réseaux?

Il y a quelques jours, j'ai publié ceci.

Aujourd'hui, je reçois les remerciements!

C'est merveilleux la puissance des réseaux.

Vous vous demandez comment Museo Abierto a découvert que j'avais parlé de lui? Rien de magique. À chaque fois que l'on publie un lien, l'auteur du lien en est informé : via un jeu de pings - j'informe l'autre que j'ai publié son lien- et de trackback -l'autre m'informe qu'il a fait un lien vers ma note. Vous voyez d'ailleurs les trackback en bas de chaque note que je publie.

C'est aussi ça la puissance des réseaux, c'est que l'on s'informe l'un l'autre quand l'un parle de l'autre.


Qu'est-ce qu'une bonne exposition?

Le Museums Australia Education Group nous partage cette réflexion au sujet de A good exhibition is….

J'en retiens l'extrait suivant :

«The need to cultivate a culture of critique around museum exhibitions.»


Et quand ils parlent de critique, je ne crois pas qu'ils parlent de journalistes qui critiquent nos expositions dans les médias, mais bien de commentaires de visiteurs. On dirait que le sujet est à la mode! ;-)


Deux autres ressources «réseau»

Suite à cette note où je vous présentait quelques outils réseau de l'Internet, en voici deux autres.

- SlideShare : banque de présentations multimédia (communément appelés power point). C'est là que j'ai ai découvert cette merveille.

- Swivel : banque de statistiques et de graphiques. ... ça pourrait nous être drôlement utile!

C'est grâce à l'extraordinaire et prolifique François que j'ai découvert ces deux outils. Merci!

Dans le cas de ces trois liens, vous remarquerez encore une fois que les commentaires sont très importants. Dans le cas de SlideShare, on peut d'ailleurs commenter chaque «slide». Dans le cas de Swivel, lisez les commentaires chez François pour comprendre ce que je veux dire.

C'est dans les commentaires que se trouve la puissance des outils réseau!


Je vous ai pas dit!

Je vous parlais ici de la nouvelle console nintendo Wii. Je vous disais également que j'avais hâte qu'elle arrive à Paris.

Eh bien, nous l'avons!

C'est totalement renversant le changement de rapport que nous avons avec le jeu vidéo, mais surtout avec l'interactivité entre les personnes qui jouent et entre celles-ci et l'écran de télévision.

Le premier jeu avec lequel nous avons joué est le jeu des sports. Au tennis plus particulièrement. Vous auriez dû nous voir pousser des cris de joie quand on réussissait un point, ou de déception quand on perdait. Au delà du plaisir, je souligne le vrai changement qui est de vraiment sentir le jeu «à deux» que représente le tennis. Je fais le service, mon adversaire (debout à côté de moi dans le salon) me voit (en vrai) lever le bras. Il se prépare à riposter en regardant l'écran pour voir la balle arriver vers lui (en virtuel). Il frappe la balle, je le vois bouger, je me prépare à réagir en vrai... mais en virtuel à l'écran. Enfin bref, il faut le voir pour le croire et surtout le sentir (nous avons été courbaturés les premiers jours!). C'est pûrement trippant.

Nous avons également Zelda (une tradition qui rappelle l'époque de jadis... sans enfants!), mais je n'ai pas eu le temps de l'explorer. Ce type de jeu me semble plus inspirant comme application muséale de la technologie.

Je suis convaincue que nous entrons, avec cette technologie, dans une nouvelle ère pour les médiums que les musées pourront utiliser pour «faire vivre l'expérience».

À voir.


Petite suggestion

En ce mardi matin qui me semble un vendredi, je disgresse un peu.

Je viens de lire cette note d'un ami de Québec qui réfère à cet article du Soleil (sapré journal qui s'évertue à ne pas mettre ses articles au complet alors que la version montréalaise le fait...) puis vers le restaurant en question.

J'oserais vous suggérer d'aller y faire un tour. Biensûr pour soutenir cet immigrant qui a choisi Québec, mais également parce que je suis curieuse de savoir ce qu'est la cuisine afghane. ... si vous y allez, vous me ferez un commentaire?


Les musées et le web : une preuve que ça bougera

Visiblement je ne suis pas la seule à penser que les musées doivent penser web et outils réseaux. Parcs Canada pense de même puisqu'il vient de publier cette offre d'emploi.

Veuillez particulièrement remarquer l'extrait suivant au niveau des compétences particulières à posséder :

«Enfin, l’analyste de la recherche doit se tenir au courant des derniers progrès dans la technologie numérique, du téléphone cellulaire à la baladodiffusion, en passant par le carnetage.»

Ça ne fait que confirmer non?


Personnalité de l'année du Time magazine

La nouvelle est tombée comme un cadeau de Noël offert avant le réveillon : le Time magazine attribue sa traditionnelle personnalité de l'année aux blogeurs!

Pourquoi cette nouvelle a généralement été reçue comme un cadeau, une surprise très agréable? Parce que la communauté des gens qui bloguent se sentent partie prenante d'un mouvement mondial de collaboration et qu'un média écrit (il y a, disons, une petite guéguerre entre les médias écrits et les blogueurs au niveau de la crédibilité et du sérieux) confirmait enfin l'existence et surtout la portée de ce mouvement.

Quelques extraits du Time qui expriment leur pensée à ce sujet :

  • «It's a story about community and collaboration on a scale never seen before.»
  • «It's about the many wresting power from the few and helping one another for nothing and how that will not only change the world, but also change the way the world changes.»
  • «It's a tool for bringing together the small contributions of millions of people and making them matter. Silicon Valley consultants call it Web 2.0, as if it were a new version of some old software. But it's really a revolution.»
  • «You can learn more about how Americans live just by looking at the backgrounds of YouTube videos than you could from 1,000 hours of network television.»
  • À ce sujet, il me semble très intéressant pour nous gens de musées, donc gens qui souhaitent parler de notre société, de saisir que ce mouvement est majeur non pas juste dans le moyen utilisé pour s'exprimer (la technologie), mais surtout dans la façon même de s'exprimer et de «qui» s'exprime. Ceux qui utilisent ces outils réseaux ne sont pas tous des geeks, comme on appelle les experts-trippeux-d'ordinateur-et-de-technologie. On y retrouve surtout des gens «ordinaires» qui commencent peu à peu et qui découvrent un univers fascinant où ils sont justement en réseau avec d'autres gens de partout sur la planète! Il me semble important comme créatrice de musée de faire partie de ce mouvement-là, parce qu'il est devenu la vie d'aujourd'hui.

  • «Sure, it's a mistake to romanticize all this any more than is strictly necessary. Web 2.0 harnesses the stupidity of crowds as well as its wisdom.»

    Faut pas se leurer, les outils réseau ne sont que des courroies de transmission de l'humanité... dans toute sa splendeur et sa déchéance.

  • «But that's what makes all this interesting. Web 2.0 is a massive social experiment.»
  • «But 2006 gave us some ideas. This is an opportunity to build a new kind of international understanding, not politician to politician, great man to great man, but citizen to citizen, person to person.»

Bon, après cela, vous vous demandez peut être pourquoi je blogue.

Je blogue parce que j'aime apprendre, j'aime découvrir ce que d'autres pensent sur le domaine des musées et sur la façon de s'exprimer dans un musée. Je blogue parce que j'ai le sentiment que cet outil me permet de découvrir des «façons de faire» qui alimentent ma créativité muséale. Je blogue parce que bloguer n'est pas juste écrire des notes. Bloguer, c'est être abonnée à d'autres blogues. Je lis les fils rss d'une soixantaine de blogs tant dans le domaine des musées que dans d'autres milieux créatifs. Je blogue parce que je souhaite partager avec vous les découvertes que je fais pour vous alimenter à votre tour. Et c'est fou comme notre vie change quand on commence à bloguer. Si on le fait une fois de temps en temps (disons, une fois aux deux semaines), on ne ressent pas vraiment ce changement. Mais quand on prend un rythme d'une note par jour ou par deux jours, on dirait que notre attention sélective s'allume et on se met à découvrir tout plein de choses! Je ne peux plus lire un journal ou un magazine sans lire des articles intéressants au niveau des musées et mon réflexe : je dois bloguer cet article.

Alors, quels sont ces outils de réseau dont je vous parle depuis le début?

Le blogue
Évidemment, il y a les blogues. C'est à dire un espace d'écriture personnel ou institutionnel où l'on communique une information ou une trouvaille avec ses lecteurs. Idéalement, ces informations seront hyperliées vers la source même. J'utilise Typepad, mais ça pourrait aussi être Blogger ou d'autres.

L'aggrégateur
L'autre particularité ESSENTIELLE d'un blogue, c'est son fil rss. Vous vous demandez peut être qu'est-ce que c'est que ça? Le fil rss est un lien URL que l'on copie dans LE truc essentiel pour suivre les blogues de façon simple : l'aggrégateur. L'aggrégateur est un petit logiciel que l'on installe sur son ordinateur (et qu'on laisse ouvert en permanence comme le logiciel de courriel) et qui nous averti en direct lorsqu'une personne a publié une nouvelle note sur son blogue. De là l'intérêt de copier le fil rss d'un blogue. Ne croyez donc pas que je fais tous les matins le tour de la soixantaine de blogues que je suis pour vérifier s'ils ont publié quelque chose. Ce serait trop long et je n'ai absolument pas ce temps-là. Mon aggrégateur m'avertit tout simplement quand quelqu'un a publié. Pour ma part, j'en utilise deux : celui inclus dans mon fureteur Internet, Safari, et NetNewsWire lite. Les deux sont gratuits (le NetNewsWire «tout court» n'est pas gratuit). Pourquoi deux? Tout simplement parce que j'ai commencé avec NetNewsWire lite et qu'un jour on m'a dit que Safari permettait de suivre les fils rss et que j'ai voulu essayer. Du coup, j'ai ajouté des fils rss dans le second et je me suis retrouvée avec deux logiciels. Un seul peut vous suffir. Il y en a des tonnes d'autres que je connais plus ou moins puisque je suis satisfaite de mes deux outils. J'ai par contre entendu parler de NetVibes. Vous verrez si cela peut vous convenir.

Comment reconnaître et trouver le fil rss? Un petit rectangle orange avec les lettre RSS ou encore dans la colonne de gauche ou de droite du blogue, une petite phrase disant «fil rss» ou «fil xml». Vous copiez le lien URL et l'ajoutez dans votre aggrégateur.

Voilà, maintenant avec ces deux outils, vous pouvez bloguer et suivre les autres blogueurs. Vous pouvez évidemment juste suivre les autres blogueurs.

Et si vous ne voulez pas avoir d'aggrégateur, je vous ai simplifié la vie. Sur le côté de cette page, vous avez une petite boîte qui vous permettra d'inscrire votre courriel et d'être avisé lorsque je publierai une nouvelle note (il suffira alors de cliquer sur le titre bleu de la note pour arriver directement à la bonne page de mon blogue).

Quelques autres outils réseaux «à la mode ces temps-ci».

  • Flickr : banque de photos postées par des individus. Les tags, ou mots-clés, permettent de faire une recherche par sujet.
  • YouTube : banque de vidéos postés eux aussi par des individus.
  • Del.icio.us (prononcer comme délicieux, mais en anglais!): banque de signets, commentés ou pas, sélectionnés par des individus. Vous vous direz : mais quel est l'intérêt de partager ses signets? Je me disais la même chose jusqu'à ce que je découvre la puissance collaborative de cet outil. Si je vous dirige vers le del.icio.us de cette personne et vers celui de celle-ci, vous ne constatez pas que vous venez de découvrir des dizaines de liens fort intéressants? Et dans votre domaine en plus puisqu'encore une fois, l'approche tag est derrière cet outils très vertigineux.

Bon, je m'arrête ici... vous avez autre chose à faire de votre journée que de me lire... et moi aussi! ;-)

... surtout que j'ai encore plein de choses en réserve pour bloguer.


Une publication à lire!

Décidément, le thème des musées et du web 2.0 est la saveur du jour.

Je viens de découvrir cette étude intitulée Museums in Transition:Emerging Technologies as Tools for Free-Choice Learning publiée par le Science museum of Virginia et la firme Gyroscope.

Je n'ai pas le temps de lire le document ce matin (ça a l'air de rien, mais il faut aussi travailler en plus de bloguer!), mais je vous reviendrai avec mes commentaires.

Via ideum.


L'État québécois et la femme

Je sors un peu de mon propos sur les musées pour vous suggérer cet article sur les orientations que le gouvernement du Québec souhaite donner aux valeurs et approches de l'État québécois quant à la place de la femme dans la société.

Vraiment, quand je lis des articles comme cela, je suis fière d'être Québécoise.

Vous me direz peut être que ce sont des voeux pieux. Peut être. Mais les choses sont dites tellement explicitement, que je doute que ça ne porte pas fruit au moins en bonne partie.


Interactivité avec les visiteurs

Très intéressante réflexion menée par Museum 2.0 sur l'apport des visiteurs à une exposition (via les commentaires, via les réflexion lors de la visite, via les échanges entre visiteurs, etc.). Il est très important de lire les commentaires de cette note, ils sont tout aussi intéressants que la note en soi.

À inclure dans les suites de cette réflexion amorçée ici et ... et non terminée.

Gracia a Museo abierto por ese enlace. ;-)


Rendre le musée «2.0»

J'ai plusieurs documents à vous souligner pour réfléchir sur les façons pour un musée de devenir «2.0», c'est-à-dire, de s'ouvrir à l'interaction avec le public à l'aide des technologies (commentaires, suggestions, participation directe, etc.).

Mais le temps manque. J'y reviendrai donc plus profondément, mais je tenais à colliger les sources... sinon, je vais tout oublier. Alors voici une liste de liens à consulter :

- Colonizing Social Spaces de Ideum;

- Une série de publications de Ideum sur le National Digital Forum en Nouvelle-Zélande : jour 1, jour 2, publication 1, jour 2, publication 2 et jour 2, publication 3.

- quelques articles dans Le Monde 2 que je ne trouve pas en ligne pour l'instant, mais dont je vous reparlerai parce qu'ils sont essentiels, à mon sens, pour comprendre les rôles que pourront jouer les musées dans ce «nouveau monde» qui se dessine devant nous.


Artefacts, télé et cinéma

Encore une fois, Eye Level m'a inspiré cette réflexion. Jeff y raconte avoir eu la surprise de découvrir une des oeuvres du Smithsonian American Art Museum dans un épisode de Desperate Housewives.

Et au Québec, est-ce que ce genre de situation arrive dans vos musées? Recevez-vous des demandes de producteurs télé ou cinéma pour utiliser une de vos oeuvres? Si oui, il serait intéressant de le savoir en le mentionnant sur votre site!

J'aime particulièrement que cette oeuvre n'ait pas été montrée uniquement pour ses qualités visuelles, mais parce qu'elle véhicule un message. Il est certain que le téléspectateur ne connaîtra pas ce message d'emblée. Par contre, c'est justement le rôle du musée de prendre à sa charge cette information et sa diffusion. Eye Level l'a parfaitement réussi.

p.s. Vous constarez que la page d'accueil du SAAM change selon le téléchargement. De plus, est-ce un hasard?, une de ces images présente justement l'oeuvre vue dans l'émission. Brillante façon pour le site officiel et pour le blog de se soutenir mutuellement.

Également, vous aurez constaté que Jeff met dans son message un lien vers l'oeuvre en question vers la base de données publique des collections du SAAM. Il me semble très important si un musée veut devenir «2.0» (pour employer l'expression consacrée!), que sa collection soit publique. Bon, je vais faire une petite recherche pour voir quels musées québécois rendent publique leur collection.


Les 25 livres scientifiques à retenir

Via Guitef, les 25 livres de sciences qui ont influencé l'histoire.

Je n'en ai lu aucun. Zut!

Pour l'instant, le serveur cubiq n'est pas accessible, mais j'irai voir lesquels de ces livres font partie d'une des collections du gouvernement comme celle du Musée de la civilisation (ex. collection de livres anciens du Séminaire de Québec). Édition originiale s'entend!

Lorsque j'avais collaboré à la réalisation de l'exposition L'Odyssée de la lumière, j'avais entre autres eu comme commande de fouiller dans les livres anciens de la collection du Séminaire de Québec (conservés au Musée de l'Amérique française). J'y avais évidemment vu des merveilles. À la recherche du livre de Newton sur la lumière, Opticks, nous l'avions trouvé... au Musée national des beaux-arts du Québec!

Toujours est-il qu'une liste de la sorte est bien précieuse dans notre domaine. Biensûr pour savoir quoi présenter lors d'une éventuelle exposition. Mais surtout, parce qu'il me semble important de connaître les oeuvres et les gens qui ont façonné notre histoire scientifique.


Musée et publications jeunesse

Je travaille présentement à un mandat avec un éditeur canandien qui souhaite que je lui recommande une série de livres et de sites Internet afin de fournir des outils complémentaires aux enseignants qui se procurent ses manuels scolaires.

Un mandat en marge de ceux que je reçois habituellement, mais franchement fascinant puisque j'adore l'univers enfantin et encore plus la lecture.

Au détour d'une de mes recherches, je découvre ce livre : La course à l'hydrogène de Réal Godbout et Benoît Gauthier, en collaboration avec la Cité de l'énergie (éditions Soulières). Passon sous silence le douteux choix éditorial de calquer la maquette des Tintins, particulièrement Objectif Lune...

Je n'ai pas lu le livre, mais la description est suffisante pour comprendre qu'un thème cher à la Cité de l'énergie a été intégré à un ouvrage de fiction afin d'intéresser les jeunes.

Et pourquoi les musées ne développeraient-ils pas toujours une fiction pour jeunes lors de l'ouverture de chaque exposition? Avec toute la documentation que l'on recueille, il y a amplement de documentation pour un roman jeunesse, tout comme un album pour enfants!

... voilà qui m'intéresse énormément! Je pourrais combiner musées, expositions, lecture, écriture et enfance! ;-)


Wii et les musées

La nouvelle console Wii attire déjà beaucoup les regards (et les portes-monnaie vous direz!). Biensûr pour le volet amusement et certains trouveront cela un peu «léger». D'autres, comme Jonah Lehrer dans cet article du Seed Magazine croient que cette nouvelle technologie fait réellement vivre l'expérience du jeu vidéo. Il fait référence à la montée des émotions que nous pouvons vivre :

«To understand how the Wii turns Zelda into a passionate experience, we have to revisit an old theory of emotion, first proposed by the great American psychologist and philosopher William James. In his 1884 article "What is an emotion?" James argued that all of our mental feelings actually begin in the body.»

N'est-ce pas exactement ce que nous souhaitons faire dans les musées : faire vivre une expérience?

Quand pourrons-nous, créateurs de musées, faire appel à une telle technologie qui fera vivre au visiteur l'expérience du fonctionnement d'un objet ou encore d'assister «virtuellement» (un peu comme avec la pensine dans les livres de Harry Potter!) à un rite funéraire d'une autre époque?

J'ai juste hâte que la Wii soit disponible à Paris. ;-)

Via Internet Actu.net.


Technologies inspirantes

François vient de publier cette liste de technologies primées par le Time magasine.

Plusieurs de ces inventions faisaient partie des imaginations fantastiques (et un peu utopiques) du 20e siècle. Et nous y sommes déjà rendus.

Quelques-unes de ces inventions trouveront assurément leur place dans la panoplie des moyens utilisés par les musées pour «faire vivre une expérience» à leurs visiteurs.

Je retiens notamment :

  • Ce tissus qui permet, à distance et avec une technologie sans fil (bluetooth), de produire une  caresse, une accolade : cutecircuit.
  • Ces panneaux lumineux flexibles : Ceelite.

D'ailleurs, cette sphère me fait penser à deux globes célestes de Coronelli vus lors des Nuits blanches de Paris le 7 octobre dernier. Ils étaient, et sont encore présentés, à la Bibliothèque nationale de France.

Globe1

Globe2


Technologie versus guide animateur

René m'a fait suivre cette note publiée par Ascent Stage (l'auteur travaille chez IBM dans le secteur des applications technologiques au domaine du patrimoine et de la culture). Tolva y réfléchit sur la place des technologies dans les expositions en comparant certaines technologies à un «suppléant» de guide animateur. Intéressant comme point de vue!

«It is curious that Bausch suggests we use technology to do what the best human guides already do.»

Également, cette réflexion plus générale :

«It’s a tough problem actually and it is complicated by the fact that many museums (like traditional encyclopedias) operate as keepers of culture rather than sharers of it.»

Plus de guides? Plus de commentaires «vivants» disséminés au travers des expositions? Plus d'audioguides présentant l'exposition comme un guide le ferait plutôt que comme un conservateur?

Cela dépend évidemment de chaque exposition et de chaque élément à décrire. Il faut tout de même conserver en mémoire ce côté «ce n'est souvent pas aussi bien expliqué que si c'était un humain qui nous racontait le sujet ou l'objet».


Muséologie africaine

Une des choses qui m'intrigue beaucoup dans le domaine de la muséologie c'est justement comment la muséologie se met en place dans les différents pays.

Déjà, en venant ici à Paris, je perçois des différences avec le Québec. Pourtant, nos cultures sont similaires. C'est alors que ma curiosité croît encore plus pour les muséologies «non-occidentales».

Ce bulletin de l'AFRICOM m'en révèle une partie. Et je constate encore une fois à quel point les musées ont un rôle social. Ils sont réellement des lieux d'expression de l'identité d'un peuple.

Prenez le temps de lire la section sur les diverses expositions inaugurées sur le continent. Comme leurs réalités historiques et sociales me sont pour la plupart inconnues puisque propres à chaque lieu et à chaque peuple, on peut imaginer que ces expositions permettent réellement de comprendre son pays et donc de se comprendre soi-même.


Allez, j'ajoute mon grain de sel

Mario a décidé de se lancer dans le sujet de l'heure à Québec : Québec et les immigrants.

À mon tour d'ajouter mon petit grain de sel.

J'ai connu plusieurs immigrants qui sont arrivés à Québec remplis d'espoir. Québec représentait la société calme, respectueuse et ouverte qu'ils recherchaient. Oui, oui, une société qu'ils ne sentaient pas rejetante.

Pourtant, une grande partie d'entre eux sont partis à Montréal ou à Toronto. Pas parce qu'ils se sentaient jugés. Pas parce qu'ils se sentaient rejetés socialement. Non. Pour une autre raison : le travail. Ils ne réussissaient pas à trouver du travail dans leur domaine d'expertise. L'accueil, l'intégration d'une famille et tout le reste, passe par une seule chose : que les parents puissent trouver un travail selon leurs compétences. Ce n'est pas normal que nous ayons des médecins, des journalistes, des administrateurs, des ingénieurs et d'autres professionnels qui se contentent de faire du taxi, des ménages ou de la plonge. Même un diplôme venu d'ailleurs ne justifie pas une telle situation. Et c'est pas parce que ces gens-là ne font pas d'effort. Leurs titres, ils sont tous disposés à les «revalider».

Je lisais justement dans un article dans un journal d'ici à Paris (comme quoi les sujets sont les mêmes partout!), où un immigrant disait : «qu'ils doivent se battre deux fois plus que les autres pour y arriver». Et ils le font.

Mais voilà, certains milieux semblent être plus facilitants. Montréal et Toronto sont des villes où, généralement, les employeurs doutent moins qu'un immigrant professionnel peut travailler de la même façon qu'un «local». Le nom différent de la personne ne les arrête pas et ils les rappellent.

Un de mes amis, bardé de diplômes du Brésil et de la France, est arrivé à Québec il y a trois ans. Il vient de déménager à Montréal la peine dans l'âme. Il aimait Québec et souhaitait y demeurer. Mais bon, pas d'entrevues, pas d'espoir de travailler ailleurs que dans des jobines. Après trois ans, un père de famille s'écoeure et va voir s'il y a du gazon ailleurs. Imaginez sa surprise : durant ses trois premières semaines à Montréal, il a eu autant d'entrevues à Montréal qu'en trois ans à Québec.

Son nom était évidemment différent.

Peut-être que les employeurs sont gênés de convoquer ces gens en entrevue parce qu'ils ne savent pas comment prononcer leur nom?

Ou bien c'est ça la raison du problème d'intégration des immigrants à Québec, ou bien c'est le manque de confiance.

Comme je peux pas croire qu'on soit si timides pour que ce soit la première raison, je pense que c'est la seconde.

Alors, oui, je suis d'accord avec M. Lepage. Il a tout à fait raison.

Ou bien on se dégêne. Ou bien on apprend à faire confiance.

On peut faire les deux aussi.


Venise et l'Orient à l'Institut du monde arabe

Veniseetorient

Savoureuse visite de l'exposition Venise et l'orient à l'Institut du monde arabe. Ma seconde puisque la première était consacrée à l'Âge d'or des sciences arabes (j'en avais parlé ici).

Cette exposition nous fait découvrir les échanges qu'il y a eu entre la culture orientale et celle à Venise entre 828 et 1597. Ces échanges se situent à de multiples niveaux, notamment la diplomatie et l'économie, mais également l'art. Et de façon importante.

L'audioguide nous permet d'explorer les oeuvres présentées et d'en dénicher les éléments qui témoignent de ces échanges. Et c'est ce qui m'a le plus fascinée. Oui, les oeuvres étaient belles. Très belles même. Mais sans accompagnement, il ne nous est pas possible de décoder les éléments de l'oeuvre (orfèvrerie, tableaux, livres, etc.) qui témoignent de ces échanges. Durant l'écoute de l'audioguide, on se surprend à chercher le détail révélateur, l'écho à l'ailleurs, la répétition d'un élément découvert précédemment. Et l'audioguide a parfaitement réussi ce défi. Assez de détail pour comprendre le contexte et interpréter les objets qui se tiennent devant nous, mais pas trop de longueurs.

Je note au passage que l'on retrouve un superbe dossier de presse sur le site de l'Institut qui donne un excellent aperçu de l'exposition. Également une galerie virtuelle de quelques-uns des objets ainsi que des activités complémentaires : atelier de création, lire en fête (poésie), cinéma jeune (film de Michel Ocelo, auteur de Kirikou).

Des coups de coeur? Plusieurs.

- Un croquis préparatoire à une oeuvre dessiné sur les deux faces du papier. Et on réussit à voir les deux côtés (portraits) au cours de la visite. Chapeau pour la muséographie. Comme quoi la simplicité peut encore avoir sa place.

Jeunes

- Un groupe de jeunes adolescents qui s'installe par terre pour écouter la guide. Écouter? Disons que la moitié d'en avant écoutait. Celle d'en arrière regardait partout, mais sans regarder l'exposition. Ils étaient ailleurs. Absolument pas dans l'état d'esprit pour être présent.

- Une immense assiette en métal gravée avec des détails presqu'à l'infini, notamment du fil argenté soudé à l'assiette. Il faut se forcer à se rappeler qu'à cette époque, on travaillait encore à la force du bras et à la finesse de l'oeil et de l'outil. Pas de laser pour se simplifier la vie!

Bateau

- Un tableau dans lequel on retrouve de minuscules bateaux qui devaient être immenses.

J'aime beaucoup ce musée avec son approche nécessairement ouverte à l'Autre. Même s'il gagnerait assurément à élargir son approche et son traitement muséal en intégrant des volets thématiques et non seulement une exposition qui s'articule autour des objets.


Iceberg et boue

En janvier 2005, je vous avais parlé d'un iceberg (aussi ici) qui était sur le point de se briser. Voilà que l'on comprend maintenant les raisons de ce bris «soudain».

Fascinant! Et dire que l'on doute encore parfois que la Terre soit vraiment un lieu où tout est interrelié. Parfois on soupçonne l'humain d'être la cause de plusieurs maux. Parfois à tort, souvent à raison. ... reste à voir si la tempête en question est causée par la pollution humaine!

Autre nouvelle curieuse : des éruptions de boue. Je n'avais jamais entendu parler.


Visite au musée qui tourne au ridicule

François a publié une note à l'effet qu'une enseignante aurait été suspendue pour avoir «exposé» ses élèves à des oeuvres d'art comportant de la nudité. Sculptures, peintures, etc.

Non, mais on frise le ridicule!

- où s'en va la confiance en nos professeurs quant à leurs capacités à agir en pédagogue?

- comment peut-on mettre en parallèle une réaction comme celle-ci avec les messages et images des médias quant aux «taille basse», «minceur extrême», «camisoles on ne peut plus plongeante», etc. sans parler des films et vidéos de chanteurs aux scènes on ne peut plus explicites. Est-ce que le parent en question, et ceux qui sont d'accord, envoient des plaintes aux médias? Aux producteurs de cinéma?

- ce qu'il peut être grand l'écart entre les valeurs de ces parents et celles des jeunes quant à l'éducation sexuelle (comme si la vue d'une oeuvre comme celle-ci ou celle-là pouvait contribuer à l'éducation sexuelle). Et quelle crainte ils ont justement de cette éducation!

- Mais surtout, surtout, comment une commission scolaire (district scolaire) peut bien donner suite à une plainte de la sorte! En donnant suite à cette plainte et surtout en suspendant l'enseignante, ils ont avalalisé les craintes du parent, ont discrédité leur confiance en leurs enseignants et se sont enlevé toute porte de sortie pour dédramatiser la situation.

Parce qu'elle doit être dédramatisée la situation. On ne parle pas de pornographie ou de sexualité explicite, on parle d'art. Voici d'ailleurs un résumé des collections du Musée d'art de Dallas.

... comme quoi les musées contribuent à l'éducation informelle de bien des façons!


Mise à jour

Vous l'avez sûrement constaté, j'ai déménagé mon site et j'en ai profité pour le mettre à jour. L'adresse demeure la même, alors pas besoin de changer votre entrée dans votre agrégateur.

On pourrait dire que mon arrivée à Paris est complétée et que je suis maintenant pleinement installée.

... quoi qu'il reste encore quelques tableaux à accrocher dans l'appartement et quelques images à remettre dans les notes du site. :o)

Alors, on continue!


Musée pour enfants de Manhattan

Via Museum Madness, je découvre qu'un nouveau musée pour enfants ouvre ses portes à Manhattan : le Children's Museum of Manhattan.

Une exposition est même prévue pour le printemps 2007 sur le thème de la Grèce ancienne. Wow! Je suis très curieuse du traitement qui sera apporté au thème. Si vous allez y faire un tour, vous me ferez un commentaire?

Les États-Unis sont très enclins à créer des musées pour enfants. Le Canada anglophone semble emboîter le pas. Question de mode? J'avais déjà amorcé la réflexion ici (Annick, as-tu progressé dans ton analyse?).

Alors, après toutes ces années de création de musées pour enfants, quels sont les résultats? Stimulation culturelle, simple parc d'amusement, développement d'un attachement au musée? Que retient l'enfant? A-t-il le goût de retourner au musée? Vous avez vu des études?

Quelques sites de musées canadiens pour enfants :

- Musée des enfants au Musée canadien des civilisations.

- Waterloo Regional Children's Museum

- Musée pour enfants de Laval (vous connaissez? Je n'y suis jamais allée et j'aimerais bien avoir un petit topo... et je suis un peu loin présentement pour y aller. ;-) )

- Centre des sciences de Montréal (même si ce n'est pas à proprement parler un musée «uniquement» pour enfants, leur approche muséale leur est principalement destinée)

- Manitoba Children's Museum

- London Children's Museum

- Children's Own Museum de Toronto

- Telus World of Science de Calgary

- Creative Kids Museum de Calgary également et qui ouvrira ses portes le 14 octobre 2006

Pour compléter, le site de l'Association of Children's Museum. Une association internationale de musées pour enfants.


Colloque en culture scientifique à Québec

Il y a quelques années, j'ai réalisé un mandat, avec François Côté, qui consistait à procéder à un inventaire général des collections scientifiques de l'Université Laval, ainsi qu'à identifier les lieux oeuvrant dans le domaine de la culture scientifique et technique (CST) dans la grande région de Québec.

Les constats étaient de plusieurs ordres, notamment, pour le second volet du mandat, que le nombre d'organismes en CST est important sans qu'on en soit clairement conscient. De plus, ces gens souhaient se connaître plus afin d'agir dans le même sens en promotion scientifique.

Les recommandations étaient également de plusieurs ordres, mais sur le volet «régional» du mandat, il consistait à suggérer la tenue d'un colloque régional portant sur la CST.

Ce colloque voit maintenant le jour grâce aux travaux de l'Université Laval et du Musée de la civilisation et se tiendra à Québec les 19 et 20 octobre prochain. Le programme est disponible ici.

Évidemment, je ne pourrai pas y assister. Zut.

Mais curieusement, je viens de tomber sur ce billet qui fait référence à un colloque portant sur le Futur des sciences.

Encore une preuve que la même problématique se pose un peu partout.


Le financement des musées

Il y a plusieurs mois, cet article lu sur cyberpresse m'était resté en travers de la gorge. Sur le coup, je n'avais pas réussi à publier puisque je ne savais pas trop quoi en dire. L'impression générale (dans la population) étant qu'il manque tellement d'argent partout (notamment en éducation et en santé), il serait normal de «sacrifier» les musées puisqu'ils ne sont pas essentiels à la survie des gens.

Je l'avais donc gardé en banque.

Puis, Clément m'a envoyé cet autre article par Dedalus : Le Musée canadien de la nature se finance chez Talisman.

Encore une fois, j'étais mal à l'aise. Évidemment que je n'approuve pas que les musées soient financés par des entreprises ayant des cadavres dans leur placard. Mais, au-delà de ces dits cadavres, qu'en est-il du financement partiel ou total par le privé? Suis-je d'accord ou pas?

Voici quelques éléments de ma réflexion lié à certaines idées pré-conçues sur le financement privé des musées. Cette réflexion se limite au cas des musées d'État. Celui des «petits et moyens musées» soulève toute une autre série de questions.

Alors...

Financement privé = les concepteurs devront promouvoir ou éviter certains sujets

À la base, le souhait est que les musées aient toute leur liberté d'expression. Bien qu'il soit rare que des directives explicites soient données (de ne pas parler de quelque chose par exemple), il est probable que dans une certaine mesure, les concepteurs s'auto-censurent. Par contre, cette situation peut survenir lors de financement par le privé, par l'État, par des organismes publics ou une combinaison des trois. Les concepteurs empruntent plusieurs entourloupettes pour éviter ces situations : choix de l'organisation qui finance, choix des sujets abordés, choix dans la façon d'aborder les sujets (p. ex. : présenter les faits, les divers côtés de la médaille, le point de vue d'un expert) , choix dans les moyens utilisés pour aborder un sujet délicat (p. ex. : vidéo, texte, jeu), etc.

Cette idée pré-conçue de la perte de liberté demeure présente mais avec une ampleur moins importante que l'on peut se l'imaginer au départ. Quoi qu'il est vrai que le risque d'ingérence est plus grand avec un financement privé qui protège plus l'image projetée par l'organisation.

Certains peuples ont la tradition de contribuer à leurs organismes culturels (communément appelé mécénat) = le nôtre n'a pas cette tradition et la situation doit changer

Cette impression sous-entend que le financement privé est une forme de mécénat. Or, ce n'est pas exactement la même chose.

Dans le cas du mécénat, la personne ou l'organisme ajoute sa contribution au roulement normal d'un projet (musée ou autre) parce qu'il croit en la cause, parce qu'il souhaite dorer son image ou tout simplement parce qu'il souhaite bénéficier des réductions fiscales. Noble ou pas, dans le cas du mécénat, c'est l'organisme donateur qui choisit de poser son geste. Dans le cas du financement privé dont on parle présentement (i.e. dans les deux exemples d'articles que j'ai nommé précédemment), c'est une façon d'alléger la facture de l'État : l'État songe à permettre la privatisation de ses musées nationaux afin de les autoriser à aller chercher plus d'argent ou encore un musée national songe au financement privé pour compenser le manque d'argent donné par l'État. Dans le cas du financement privé, le musée va solliciter un organisme pour réussir à survivre ou à réaliser les projets avec l'envergure qu'il souhaite. Et ce, parce qu'il ne reçoit pas assez d'argent de son propre «boss», l'État.

Le mécénat est un bonus que l'on souhaite et que l'on est content de recevoir, mais qui ne peut se planifier à l'avance. Le financement (d'État ou dorénavant possiblement d'origine privée) doit faire partie des prévisions comptables.

Financement privé = plus d'argent que financement public (État)

Vraiment? Peut-on me montrer les chiffres? On parle bien de privatiser des musées d'État, n'est-ce pas? Juste pour le «fun», retournons la question : si l'État doit privilégier la santé aux musées, pourquoi les entreprises privées ne devraient pas faire de même?

Je ne crois pas que cette idée pré-conçue ait été nommée explicitement par le gouvernement, ni par les médias, ni par les entreprises privées. Pourtant, elle est sous-entendue. Comme si c'était une vérité qu'il n'est plus nécessaire de démontrer. Normal, il y a plus d'entreprises privées dans chaque État qu'il y a de gouvernements : partagez-vous le fardeau (le privé, i.e. à plusieurs), ce sera plus facile à porter que si je le fais seul (le gouvernement) . Puisque l'on se conforte lorsque l'on peut éviter de chiffrer les choses, il est plus simple de généraliser en disant : il y a plus d'argent chez le voisin (entreprise privée) puisqu'il fait des profits alors que moi, gouvernement, je n'en fait pas. Vous trouvez pas que ça fait un peu «le gazon est toujours plus vert chez le voisin»?

Financer les musées = enlever de l'argent à l'Éducation ou à la Santé

Par cette idée pré-conçue, on sous-entend que la survie des gens (de l'espèce!) dépend dans un premier temps de choses essentielles (santé et éducation) et que le reste (musées, cinéma, recherche, sport, livres, etc.) relèvent du luxe, du surplus que l'on s'accorde pour se faire plaisir. Cette idée est particulièrement sournoise.

Outre les vérités immuables que l'on meurt plus d'un cancer que du fait de ne pas visiter une exposition (ou d'aller au cinéma par exemple) ou encore que l'on s'assure un meilleur avenir en sachant minimalement lire qu'en sachant minimalement qu'est-ce que sont le théâtre, l'opéra et le ballet, il faut décortiquer cette idée pré-conçue. Surtout en ces temps-ci où l'on nous affirme qu'il faut faire des choix puisque les coffres de l'État ne débordent plus (ce qui n'est pas la même chose que de dire qu'ils sont vides!).

Alors, oui, le financement de l'Éducation et de la Santé sont essentiels. Ceci dit, est-ce que cela implique nécessairement que les autres ne sont pas, eux-aussi, essentiels? Est-ce que le manque de financement dans les hôpitaux implique que l'on doit nécessairement couper dans le financement des bibliothèques ou des musées (c'est un exemple parmi d'autres évidemment)?

Financer les musées = un gaspillage, au contraire d'autres domaines qui «rapportent» immédiatement (sous-entendu financièrement ou avec des effets immédiatement visibles)

L'idée que le financement des musées ne rapporte pas à la société est un leure incroyable. Des milliers de travailleurs contribuent à l'économie nationale : fabricants, fournisseurs, créateurs, administrateurs, etc. Tous ces gens génèrent des millions de dollars en activité économique. Ils ne visent pas les profits comme les entreprises privées, soit. Ils n'affichent pas leurs états économiques comme les entreprises cotées en bourses, soit. Ils ne produisent pas des objets qui demeureront sur une tablette ou seront vendus, soit. Ils ne règlent pas un problème immédiat tel l'opération d'une cataracte, soit. Ils ne constituent pas la base de la vie en société comme l'apprentissage de l'addition. Par contre, les musées contribuent à l'éducation nationale. Ils participent à l'activité économique nationale. Ils font partie des domaines qui permettent à une nation de se faire connaître des autres nations (aux côtés du cinéma, de l'art, de la science et de bien d'autres) notamment par le biais du tourisme, des expositions itinérantes, de l'enrichissement professionnel qu'ils suscitent chez les professionnels d'autres pays et d'ici. La création muséale propulse les sociétés vers des terrains qui encouragent la réflexion. L'action des musées n'est pas un gaspillage, parce que les musées ont le privilège et le poids de contribuer au développement d'une identité. Identité personnelle, mais également collective. Cette identité a besoin des retours dans le passé et des projections dans l'avenir pour se forger. Elle a besoin d'objets phares, d'idées clés et de réflexion complexes et synthétisées pour cheminer.


Alors, pourquoi l'État devrait continuer à considérer la culture comme essentielle? Pourquoi toute cette réflexion me pousse à croire qu'il est essentiel que l'État investisse aussi dans les musées, en parallèle avec les sacrés Éducation et Santé?

Les musées sont essentiels parce que (en vrac, pas nécessairement dans l'ordre d'importance et vous pourrez en ajouter d'autres) :

- ils constituent une forme d'apprentissage;

- ils contribuent à l'activité économique;

- ils stimulent la création tant chez les concepteurs (évidemment), mais surtout chez les visiteurs. Et l'on découvre de plus en plus l'importance de cette créativité pour le développement de toutes les sphères de la société;

- ils représentent le pays lors de circulations d'expositions et lorsque les touristes viennent découvrir notre pays;

- ils mettent en place les éléments qui forgent l'identité des peuples, de notre peuple. On parle alors de la conservation d'objets et de leur documentation et diffusion, mais également et surtout des idées identitaires véhiculées dans les expositions, activités éducatives, conférences et autres productions muséales.

Cette notion d'identité me semble présentement un des grands oubliés des «priorités gouvernementales». Et attention, pour moi, identité n'égale pas souveraineté ou fédéralisme. Ça n'égale surtout pas ça. La souveraineté ou le «sentiment fédéraliste» découle, ou pas, des éléments de notre sentiment identitaire. Notre identité, ce sont nos valeurs, ce sont notre histoire, ce sont nos sources d'inspiration, ce sont nos gestes, nos soupirs et nos espoirs.

Et, à mon sens, l'État est un meilleur agent pour promouvoir tout cela, que les entreprises privées.


Musée du Quai Branly

Je viens d'effectuer une première visite de reconnaissance au tout nouveau Musée du Quai Branly.

Première visite parce que je n'avais qu'une heure de disponible et qu'il est impensable de tout saisir, même l'essentiel en si peu de temps. J'y retournerai donc à l'automne, question de leur laisser le temps de terminer l'installation et d'amorcer leurs activités pour la famille et les écoles.

Le musée est situé à quelques pas de la tour Eiffel, dans un secteur de Paris où l'on retrouve plusieurs musées importants dont plusieurs sont en travaux de rénovation ou l'ont été récemment : Musée de la Marine, Musée de l'Homme, La Cité de l'architecture et du patrimoine (ouverture prévue en 2007), etc.

Avant de commencer, trois liens intéressants :

- Cet article du journal Le Monde résume l'historique de la gestation du musée.

- France 2 a publié un plan d'ensemble du site ainsi que de l'intérieur du musée. Ça vous aidera à comprendre mes commentaires.

- Génial! : un insider a photographié toute l'installation du musée avec son téléphone portable! Un photo-blogue de l'installation, quoi!


Voici donc, en vrac, mes impressions.

Extérieur

Mur

L'arrivée se fait le long de la Seine. Première surprise, le site est bordé par un immense mur de verre. Ce mur a pour fonction de couper le bruit, mais réussit très bien à créer une ambiance de préservation : le musée est lui-même en vitrine!

Vient ensuite un aménagement paysager (un jour on pourra appeler ça jardin, pour l'instant, ils étaient en train de planter et d'aménager. Mais ça promet!).

jardin.JPG

Également, on y retrouve le fameux mur végétal (désolée, pas de photo parce que je suis allée le voir à la fin de ma visite et rendu là, je n'avais plus de piles dans l'appareil) du botaniste Patrick Blanc. Impressionnant.

Accueil

billetterie.JPG

La billetterie se situe à l'extérieur, sous l'espace consacré aux collections permanentes. C'est la première fois que je vois une billetterie «à l'air libre». J'ai bien hâte de voir la réaction des gens lors des jours de vent, de pluie ou de grand froid. Sur la photo, on voit bien qu'il y a peu de gens (il était 14h), mais à ma sortie (vers 15h40), la file était déjà cinq ou six fois plus longue. En plein mois de janvier et février, je doute que les gens accepteront de faire la queue au froid pendant si longtemps .

Évidemment, un tel aménagement serait impensable au Québec. C'est là que l'on constate que l'implantation d'un musée doit réellement se faire selon son contexte.

Entrée

L'entrée du musée est spacieuse. C'est peu dire. Immense! Blanche de partout, ce qui la rend un peu trop impersonnelle. Ça viendra avec le temps j'imagine.

Par contre, on y retrouve le premier étage de la réserve des instruments de musique de la collection du musée : une immense colonne de verre qui occupe plusieurs étages (photo).

Je trouve extraordinaire d'avoir pensé à exposer une partie de la collection aux visiteurs et surtout le choix de la collection : en effet, les instruments de musique sont très significatifs pour les gens. À retenir.

Passerelle

Suite à l'entrée, on s'engage dans une immense (encore! ... Oui, tout est immense dans ce musée : l'espace, les infrastructures, les objets, les vitrines. Tout!) passerelle blanche (photo). Cette passerelle fait office de lieu de transition entre notre culture et celles que nous allons découvrir. Le passage débute en étant large et d'une éblouissante blancheur pour devenir étroit et obscur. On dirait presque qu'une symbolique maternelle avec le passage de la naissance. Peut-être a-t-on voulu signifier que l'on retournait aux origines?

Sur la passerelle (murs et plancher), on retrouve des projections qui «mettent dans l'ambiance».

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L'exposition permanente

Nous voici enfin arrivés dans l'exposition. Quatre zones : Afrique, Océanie, Asie et Amérique. Et des objets. Le coeur de l'expo, son âme, ce sont les objets. Ceux-ci sont accompagnés d'une vignette et d'un maigre élément de contexte. Fait intéressant, ils sont regroupés par thématique plutôt que par peuple. Les masques, les instruments de musique, les objets funéraires, la chasse, la spiritualité, etc. Le tout, en regroupant les peuples.

Pour quelques photos de l'exposition, voir celles-ci du Figaro.

Les objets
Il va sans dire que les objets sont magnifiques. J'ai tout de même déploré l'absence totale de textes de zone. Aucune introduction, aucune mise en contexte, aucune présentation explicite des peuples. Je devine qu'on les retrouve dans l'audioguide et dans la visite guidée.

Il faut savoir que je fais le choix de toujours faire la première visite «sans rien» comme plusieurs des visiteurs. Dans ce cas-ci, il manque nettement ces textes généraux. On verra bien le contenu de l'audioguide lorsque j'y retournerai.

Les vitrines sont en-soi impressionnantes. Pas de socle. Du verre d'en bas jusqu'en haut. L'objet est suspendu (ou soutenu) en l'air dans ce cube de verre. L'effet impose.

Les boîtes

De l'extérieur, on voit des boîtes colorées qui constituent une des particularités visuelles du musée.

boites1.JPG

À l'intérieur, ces boîtes sont le véritable bijou de l'exposition. Chacune est consacrée aux objets d'un peuple. Chacune est aménagée de façon différente. Chacune a son ambiance, son atmosphère, son âme. Après la seconde que l'on explore, on se prend au jeu de vouloir découvrir la suivante!

On voit bien que ces boîtes sont encore à l'étape de la finition. À l'entrée, il y a un espace vide sur le mur. Peut-être sera-t-il consacré à un texte présentant le peuple en question? On l'espère.

D'autres boîtes sont nommées boîtes à musique. Comme leur nom l'indique, elles présentent la musique de ces peuples. Les gens s'y agglutinaient et on voyait bien qu'ils appréciaient ce volet qui leur permet de s'imprégner du contexte dans lequel les objets évoluaient.

Multimédia

Au centre de l'immense salle, on retrouve une structure de cuir tout en long. Elle a été nommée le serpent. Cette bande abrite de nombreux multimédias (entrevues, documentaires, etc.) sur les peuples. Sans audioguide, c'est le seul endroit où l'on peut réellement sentir le vécu de ces peuples. Un volet très apprécié de la visite. Par contre, l'aménagement est à questionner : ces alcôves sont parfois minuscules et seules deux ou trois personnes réussissent à voir l'écran.

D'ailleurs ce a href="http://www.flickr.com/photos/bezombes/95307525/">commentaire sur les alcôves multimédias correspond exactement à ce que j'ai senti.

Semblerait qu'il faudra vivre avec.

À la toute fin de l'exposition (section sur les Amérindiens), sur ce même serpent, on retrouve des visionneuses (un peu comme dans les lunettes stéréoscopiques). Elles montrent en 3D, des photos de sites Incas ou Maya (je n'ai malheureusement pas retenu). Jusque là, rien de spécial, on connaît. Mais, ce qui est génial, c'est que lorsque l'on bouge ces lunettes, on se retrouve à «pointer» sur certains lieux de la photo. Apparaît alors un texte qui explique ce qu'est ce lieu ou ce monument. Rien de bien compliqué, mais soudain, on passe d'un état d'observateur passif qui ne comprend pas à celui d'initié qui interprète ce qu'il voit!

Éducation

Les animations scolaires et familiales ne sont pas commencées. Elles débuteront en septembre. J'ai bien l'intention d'aller observer ces activités. Pour l'instant, le programme (voir la section «Vous êtes» du site du musée) proposé est des plus intéressant!


À suivre donc!MurMur_1
Mur_2


Apprendre au Musée

Je viens de lire ce document sur l'apprentissage dans les musées : In Principle, In Practice. Insights : A Museum Learning Resource préparée par le Institute for Learning Innovation.

On y retrouve un excellent résumé des diverses façons d'apprendre (dans une approche théoriques) selon les divers publics (famille, musées de sciences, jeunes, adultes, etc.). Une synthèse à conserver.


Via la liste Museum-L.


Allez les bleus!

Imaginez-vous à Paris un soir de demi-finale de la Coupe du monde entre l'équipe de France et le Portugal.

Imaginez que vous écoutez le match en famille, les portes-fenêtres ouvertes.

Imaginez qu'il reste quelques minutes avant la fin du match et que la France mène 1-0.

Imaginez entendre, par les fenêtres, l'hymne national français! Et les cris. Et la joie!

L'ambiance est incroyable. Nous nous sentons privilégiés de pouvoir vivre ces moments.

Maintenant, imaginez si jamais on gagne la coupe!


Wow!


J'ai déjà hâte à dimanche.

(excusez la petite incartade à la ligne éditoriale) ;-)


Agora du MVC

- Le Musée virtuel du Canada est un immense projet. Je vois dans ce bulletin qu'ils ont un projet de centre d'apprentissage virtuel. Intéressant!

Vous connaissez quelqu'un qui y travaille? J'aimerais bien voir comment c'est élaboré.

Voici l'info que j'ai trouvé :

- «Pour faire suite à l’usage croissant d’Internet chez les enseignants, le MVC inaugurera le centre d’apprentissage AGORA au printemps 2007. Cette initiative procurera aux éducateurs et aux apprenants du Canada un environnement virtuel interactif où ils trouveront une compilation de ressources d’apprentissage (textes, images, vidéos et présentations multimédias) et des résultats tangibles, générés par les établissements canadiens.» Énoncé de mission du RCIP


-«Pendant le mois de mai, le RCIP prend la route pour promouvoir l'AGORA à des conférences portant sur l'éducation. AGORA - Le centre d'apprentissage est une nouvelle initiative du Musée virtuel du Canada conçue pour aider les enseignants et les étudiants à employer le contenu des musées et à faire progresser la participation et l'interaction dans l'apprentissage en cours et hors des salles de cours.

Après l'annonce de la création du nouveau logo d'AGORA, le MVC s'occupe maintenant de présenter l'idée de l'apprentissage interactif aux enseignants canadiens. Ce mois-ci, le MVC ouvre le bal en assistant à la conférence ETCATA 2006 (Educational Technology Council of the Alberta Teachers Association) à Kananaskis, près de Alberta, et à la conférence ECOO 2006 (Educational Computing Organization of Ontario) à Mississauga (Ontario).» Bulletin de mai 2006 du RCIP

Je trouve cette initiative importante parce que de plus en plus d'information muséale destinée aux enseignants est disponible et des heures sont nécessaires pour les trouver et les interpréter. Or, les enseignants n'ont pas ce temps. Il est de notre devoir de les aider à se simplifier la tâche de recherche et de leur donner des outils pour utiliser nos ressources à leur façon.

... et ne pas oublier qu'avec le Web, on ne s'adresse plus uniquement aux enseignants de notre patelin mais que tous les enseignants de la planète vont bénéficier de notre information. De là l'importance de leur fournir de bons outils de recherche et d'auto-adaptation des contenus.

Décidément, j'aimerais en savoir plus sur cet Agora.


Carrefour des savoirs

Je savais que le site du RCIP était énorme. Je savais que le RCIP réalisait beaucoup de projets et effectuait une veille impressionnante du domaine du patrimoine et des musées. Mais là, vraiment, ils ont fait un bond incroyable notamment avec le Carrefour du savoir portant sur les blogues, podcasts, wiki, etc., dans un contexte muséal . Si ça fait plusieurs mois que vous n'y êtes pas allés, réservez-vous quelques heures. Ça vaut le coup.

Merci à Julie Bibaud pour son commentaire qui m'a permis de le découvrir.

On y retrouve notamment quelques infos sur l'utilisation des wiki lors de la réalisations de projets muséaux. Je n'ai jamais utilisé de wiki pour le travail, mais je perçois très bien la très grande utilité que cela pourrait avoir. Par contre, j'ai utilisé un blogue (carnet) pour la réalisation du projet des Fantômes au musée du Musée de la civilisation. Une expérience des plus fructueuses dont je vous ai parlé ici. Je vois mal réaliser d'autres projets d'envergure sans cet outil.

Ce que j'apprécie c'est que l'on y retrouve des infos pour apprivoiser ces outils dans un contexte muséal. Également, on sent bien qu'ils sont disposés à nous aider.

Il manque uniquemment un fils RSS qui nous informe de toutes les nouveautés et ajouts effectués dans l'ensemble du site du RCIP. On en retrouve tout de même dans certaines pages du site (offres d'emploi, communiqués de presse et formation).