Cela fait deux mois qu'il n'y a pas de nouveau sur ce blog. Quels mois!
J'ai consacré octobre à l'activité publique que j'avais titrée EXPO 07.
Ensemble
Le projet a porté fruits à plus d'un point de vue.
- D'abord parce qu'il a permis de multiples rencontres interpersonnelles.
Des rencontres variées qui ont nourri ma fascination pour le pont des arts. Des rencontres agréables, intéressantes, stimulantes.
L'une de ces rencontres a donné forme de façon impromptue à une soirée que nous avons appelée « sculptures et ombres ». Les visiteurs, lampe de poche à la main, ont transformé le lieu de l'exposition en une fascinante caverne. Mille et une variations. Ferveur des gestes. Regards enthousiastes. Joies.
26-11-07
Cette veillée d'ombres était une belle résonance à l'expérience de l'artiste qui, dans le texte Quelques fois dans l'atelier, nous fait le récit d'une certaine « fois des ombres »...
« La fois des ombres, c’était en hiver. J'étais allée chez une amie. Sur le chemin du retour, je décide de passer par l’atelier.
Sur place, pour créer un climat autre que celui du travail, j'oublie les lampes et je dispose des bougeoirs un peu partout.
L’âme en état de veille, je circule. Mon labo de chaque jour se donne des airs d’oratoire. Sous les lueurs vacillantes, les objets d'argile acquièrent une force discrète. Et la teneur énigmatique des formes métalliques est décuplée.
Sur les murs, des ombres ont pris place. Étonnantes. Chaque figure projetée décline son thème en mille variations. Je suis ravie d’être au cœur de telles métamorphoses.
J'aime les jeux d’ombres qui sur les parois de ma caverne rassemblent des choses qui matériellement sont à bonne distance. J'aime ces rendez-vous parfois incongrus mais toujours fascinants.
Le goût m'est venu d’être de la partie. Je me suis mise à déplacer des choses, tout en observant le mouvement de leur ombre. Je les reliais à telle autre figure, ou les éloignais d'une autre, importune. Sur les murs de ma chambre obscure, je manigançais mille et une rencontres. Je faisais naître de nouveaux signes. Impondérables. Jusqu’à ce que…
J'aperçois deux ombres qui s'effleurent. Je les superpose : voilà qu’un funambule, ténu, semble franchir l'espace au-dessus d’une main tendrement ouverte.
Heureux vertige.
Pour douce mémoire, j'ai fait un croquis de cette fugitive rencontre. »
Extrait de Quelques fois dans l'atelier
Geneviève DeCelles
- Deuxième point de vue sur cette petite exposition : elle a permis à un ensemble d'oeuvres de quitter mon territoire pour aller vivre chez d'autres gens. Ce qui me donne des ressources pour continuer mon aventure.
- Troisième impact. Cette activité aura été, de façon inattendue et inespérée, le prélude d'un changement majeur dans ma vie artistique :au cours des dernières semaines, j'ai déménagé mon espace de travail dans l'édifice où s'est tenue mon EXPO 07 : le 880 Père Marquette, Québec. J'y occupe désormais le local 105. C'est grand, c'est clair : je suis émerveillée.
Il faudra, bien sûr, beaucoup d'ouvrage pour m'approprier ce nouveau contexte de création. Mais je le perçois de façon très favorable (localisation, dimensions, lumière, etc.), alors... Alors au cours des prochaines semaines, je travaillerai intensément à organiser et à apprivoiser « l'espace 105 ».
Ceci
Cela
À propos de fenêtre... voici des images captées dans mon nouveau lieu...
Local
Nouveau lieu...
Nouveau...
Oui et non, car...
Le local 105, c'est une des classes de l'ex-école Saints-Martyrs...
L'école où j'ai fait mon cours primaire, il y a quelques décennies!
L'oeuvre ci-haut représentée est au coeur de mon automne 2007. Elle figurait sur l'affiche d'une exposition que j'ai tenue à la Galerie de la Bibliothèque Gabrielle-Roy, il y a quelques années (voir C.V.).
Près d'une autre sculpture en présence, on pouvait lire un texte auquel je suis de plus en plus sensible. Il s'agit d'un extrait de La détresse et l'enchantement:
« De la naissance à la mort,
de la mort à la naissance,
nous ne cessons,
par le souvenir,
par le rêve,
d'aller comme l'un vers l'autre,
à notre propre rencontre,
alors que croît entre nous la distance. »Gabrielle Roy








